L'industrie de la récupération
La plupart des gens considèrent un naufrage comme une tragédie. Par contre, pour certaines personnes, c’est une entreprise. On estime qu’il y a une épave à chaque kilomètre et demi le long du sentier de la Côte-Ouest. Dans le passé, cela a fourni plusieurs possibilités aux sauveteurs, ceux qui effectuent le sauvetage de vaisseaux et de chargements.
La Pacific Salvage Company exploitait le Salvage King et le Salvage Queen. Ces remorqueurs ont tiré plusieurs épaves hors du cimetière du Pacifique jusqu’à bon port pour qu’ils soient réparés. On peut les voir dans plusieurs anciennes photos, travaillant de chaque côté d’un bateau endommagé. S’il était impossible de ramener un bateau pour le faire réparer, on utilisait les remorqueurs pour récupérer ce qu’on pouvait du bateau.
La BC Salvage Company a été fondée en 1898-99 par John McHardy. Cette entreprise exploitait les navires de sauvetage SS Salvor et SS William Jolliffe. Au début des années, 1900, John McHardy a passé beaucoup de temps comme plongeur, descendant dans les eaux profondes avec un gros casque en métal et un habit de plongée en toile. Les hommes comme lui préparaient les épaves pour le renflouage.
On vendait souvent les biens récupérés pour compenser les pertes subies par le naufrage. En 1934, Morris L. Greene a fondé la Capital Iron. Jusqu’au début des années 1970, cette entreprise démontait les bateaux pour vendre les pièces et le chargement.
Les vaisseaux échoués étaient habituellement tirés depuis la plage avec de grandes quantités de filins d’acier. Les sauveteurs jetaient des ancres et puis libéraient l’épave de son emprise. Si le bateau prenait l’eau ou était partiellement submergé, on pouvait le remorquer. Dans le cas des bateaux coulés, on maintenait à flot ou faisait flotter les gros objets. Par contre, si on voulait sauver quelque chose de précieux, il fallait le faire peu après le naufrage. Les grosses vagues et les courants rapides de la côte Ouest de l’île de Vancouver compliquaient le travail des sauveteurs et plusieurs bateaux de sauvetage sont devenus eux-mêmes des épaves.
Aujourd’hui, il existe plusieurs lois pour réglementer le sauvetage de bateaux naufragés. On ne peut enlever ou déplacer des objets sans obtenir de permission. En Colombie-Britannique, l’Acte révisé sur la préservation du patrimoine (Heritage Conservation Act) protège les épaves de plus de deux ans, ainsi que les épaves abandonnées par leurs propriétaires originaux. On doit déclarer toutes les épaves récemment découvertes, qu’elles soient jeunes ou vieilles, au Receveur des épaves le plus près, un département de la Garde côtière.

