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Sauvetage des épaves

Entrevue avec Jacques Marc

Jacques Marc est membre de la Société d’archéologie sous-marine de la Colombie-Britannique. Il fait de la plongée de loisir depuis 1976, mais il a découvert sa passion pour la recherche et l’exploration des naufrages sur la côte de la Colombie-Britannique en 1982 lors de l’identification d’un navire appelé VT-100 à Bedwell Bay et de la publication d’un article sur ses découvertes dans Diver Magazine. Depuis ce temps, il dirige et participe à des plongées archéologiques.

Qu’est-ce qui a motivé votre intérêt à faire de la plongée d’épaves ?

Quand j’étais jeune, je regardais Jacques Cousteau comme tout le monde et c’est ce qui m’a intéressé à la plongée. J’ai toujours eu un intérêt dans l’histoire, surtout dans l’histoire maritime.

Je faisais de la plongée dans Bedweel Bay à Vancouver pour explorer un navire que tout le monde appelait HMCS Cranbrook. À mon retour j’ai lu l’histoire de ce navire et je me suis dit : « Ce n’est pas ce que j’ai vu. » Cela a piqué ma curiosité. À ma prochaine plongée, j’ai apporté un ruban à mesurer. J’ai mesuré l’épave et elle mesurait 136 pieds de long et elle avait des gouvernails jumelés, c’était un navire à deux hélices. J’ai effectué des recherches sur le HMCS Cranbrook et j’ai découvert que c’était un dragueur de mines durant la Seconde Guerre mondiale. Il mesurait 120 pieds de long et il avait une hélice. Après la guerre, il avait été vendu à une entreprise du Mexique. S’il était au Mexique, il ne pouvait pas donc être dans le port. J’ai approfondi mes recherches et j’ai lu quelque chose sur un navire appelé VT-100 qui avait brûlé et coulé dans Bedwell Bay. Cela a été mon introduction à la recherche et à la plongée pour découvrir des épaves.

Au début de 1983, j’ai assisté à ma première réunion de la Société d’archéologie sous-marine de la Colombie-Britannique. J’ai trouvé cela intéressant et je suis retourné régulièrement aux réunions et j’ai fait partie d’expéditions. La prochaine chose que j’ai sue, je plongeais autour d’épaves et je prenais des notes. J’en avais assez des beaux poissons et des anémones. À un moment en plongée, il faut aller de l’avant et les épaves sont donc devenues ma prochaine étape.

Chaque épave est différente, chaque histoire est fascinante. Lorsque vous lisez les histoires sur le Valencia et puis que vous plongez pour l’explorer, c’est comme si vous faisiez partie de l’histoire. Lorsque vous voyez l’endroit où il repose au pied d’une falaise et que vous imaginez 150 ou 160 personnes à bord et de grosses vagues qui se brisent dessus, vous vous dites « Oh !, que le Seigneur leur vienne en aide. » Le fait que trente-six personnes aient survécu est incroyable, parce qu’il n’y avait aucun moyen de s’en sortir. Aucun moyen.

Quel est votre lieu de plongée préféré ?

Probablement que l’un des dix meilleurs endroits est l’épave du Capilano, propriété de Union Steamship, au large de l’île de Savary. (Le navire à vapeur Capilano a coulé le 2 octobre 1915 au large de l’île de Savary dans le golfe de Georgia.) C’était un petit navire de marchandises et de passagers qui sillonnait la côte intérieure. Outre le bois, qui s’est désintégré, le navire se tient droit sur un fond de sable blanc. C’est très fascinant dans l’obscurité, sous cent trente pieds d’eau, en contraste avec les anémones de mer blanches. C’est comme un bateau fantôme, il navigue encore sous l’eau.

Le Vanlene est fascinant parce que c’est une épave naturelle. La partie avant a été aplatie par la houle du Pacifique. La poupe est encore intacte sur son côté, sous cent trente pieds d’eau. On peut encore nager dedans et voir les autos Dodge Colt dans la cale inférieure. Ce n’est pas particulièrement beau, c’est rouillé, mais c’est grand, très grand.

Un de mes préférés, du point de vue du lieu, est l’épave de l’USS Suwanee. C’est clair, coloré et vous voyez une canonnière à roues à aubes des années 1860. C’est vraiment remarquable. Le plus étonnant est qu’il en manque la moitié. Où est-elle passée?

Comment préparez-vous votre plongée pour une épave avant d’entrer dans l’eau ?

Dans tous nos projets, la recherche est primordiale. Avant de chercher quelque chose, je vais aux archives. J’effectue des recherches dans les vieux journaux. Vous devez savoir la proximité générale, à plus ou moins cent mètres, où le navire a coulé. L’océan est un immense terrain de jeu, et souvenez-vous que sous l’eau on peut voir au maximum environ vingt à trente pieds devant soi. Donc, lorsque nous cherchons des épaves, nous avons une bonne idée où elles sont, et la première étape est la recherche. Parfois, c’est comme si l’endroit est marqué d’une croix, d’autres fois vous avez une déclaration très vague et de temps en temps quelqu’un dit : « Oh! J’y suis déjà allé ». Faites vos recherches et puis rendez-vous sur place et cherchez-la.

Il existe une grande variété de techniques de recherche. Nous avons réalisé un projet dans Restoration Bay près de Bella Bella et nous cherchions deux pistolets de duel qui ont été jetés par-dessus bord lors de l’expédition du capitaine Vancouver. Nous avions deux références de compas de l’époque, mais la déclinaison et le magnétisme de la Terre ont changé depuis sa visite. Nous devions apporter des corrections. Nous aurions pu les inscrire sur une carte de la manière dont ils les avaient écrites, mais nous chercherions pour rien parce que ce n’est pas où seraient les navires si on utilisait les quarts de vent d’aujourd’hui.

Comment devraient commencer ceux qui sont intéressés dans la recherche d’épaves ?

Si les gens veulent seulement plonger pour explorer des épaves et des récifs, je leur recommanderais donc de suivre un cours de formation dans une boutique de plongée. S’ils sont intéressés dans l’aspect d’archéologie sous-marine tel que la recherche, la découverte et l’étude, ils devraient venir à la UASBC. Nous offrons un cours d’archéologie sous-marine, qui donne une certification NAS (Société d’archéologie nautique). Nous acceptons également ceux qui ont une certification de base en plongée et qui ont un intérêt dans l’histoire.

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