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Récits d'espoir et de courage

Shipwreck Times

Date du journal : 5 juillet 1813

Les marchands insultent les autochtones :

des transactions honteuses révèlent les naufrages du Boston et du Tonquin

Le Boston et le Tonquin ne reviendront jamais
Le Shipwreck Times doit rapporter que les navires de commerce portés disparus, le Boston et le Tonquin, ne reviendront jamais. On croit que ces deux navires ont connu le même sort. Leurs restes brûlés et leurs récits horribles souillent le noble Pacifique.

Le Boston part pour un voyage commercial
La maléfique côte de l’île de Vancouver avait été choisie comme route pour une mission commerciale printanière du Boston, un trois-mâts goélette. Le capitaine John Slater, le premier officier B. Delouissa et le second officier W. Ingraham dirigeaient un équipage de vingt-sept hommes. Mais une erreur diplomatique coûta la vie à vingt-cinq membres de l’équipage du Boston.

De la rive, on aperçut les trois mâts du Boston à son entrée dans Nootka Sound sur l’île de Vancouver le 12 mars 1803 en quête d’eau fraîche et de provisions. L’ordre fut donné : « Jetez l’ancre! » et le trois-mâts mouilla à cinq milles du village Nuu-chah-nulth dans Friendly Cove, flottant en attendant qu’arrivent les gens de la place pour échanger des biens.

Chef Maquinna insulté et vengé par son peuple
Chef Maquinna des Nuu-chah-nulth et le capitaine Slater du Boston mangèrent ensemble et échangèrent des présents. Tout semblait aller bien, jusqu’à ce que leurs relations prennent un mauvais tournant, raconta dans son récit John R. Jewitt, un des survivants de l’équipage du Boston. Maquinna sortit du bateau portant un cadeau de bienvenue composé de canards sauvages. Jewitt nous a dit « qu’en même temps il avait apporté un fusil avec lui ». C’était un fusil de chasse que lui avait donné le capitaine Slater. Un des crans avait été brisé et Maquinna dit au capitaine « que c’était pashak, mauvais. Le capitaine Slater fut très insulté par cette remarque et l’a considéré comme signe de mépris pour son présent. Puis, il a traité le roi de menteur, ajoutant d’autres termes injurieux. »

Les conséquences furent terribles! Le 22 mars 1803, Chef Maquinna arriva avec de puissants hommes prêts à venger son honneur insulté. On ne lui manquerait pas de respect avec des présents endommagés et des insultes. Le voilier du Boston, Edward Thompson, se cacha durant le pillage. L’armurier Jewitt tira son épingle du jeu grâce à son habileté avec les armes. Seulement ces deux hommes furent épargnés. Les autres membres de l’équipage du Boston furent assassinés. Le vaisseau, échoué! Les sources du Shipwreck Times ont mentionné que le contenu du Boston fut récupéré par les résidents avant qu’un grand feu détruise le bateau.

Le Tonquin n’a pas appris la leçon
Le Tonquin n’a pas appris la leçon du regretté Boston, qui a été rendu publique après que Jewitt déclara que la conduite de Maquinna dans la prise de notre bateau fut le résultat d’une insulte qu’il croyait avoir reçue du capitaine Slater et d’une conduite injustifiable de certains des officiers du navire, qui l’avaient volé et qui, sans provocation, ont tué plusieurs membres de son peuple.

En 1811, le capitaine Jonathan Thorn navigua le Tonquin pour son propriétaire John Jacob Astor. Thorn était mené par son désir d’échanger des bibelots pour des peaux de loutres de mer sur la côte nord du Pacifique. Son plan était de traverser l’océan et d’offrir les peaux à d’avides acheteurs en Chine. Il ferait fortune.

Thorn connu pour son mauvais tempérament
Le tempérament de Thorn était bien connu. « Il était un homme si violent, qu’on disait que quelque chose ne tournait pas rond dans sa tête », dit un ancien passager, qui avait eu la malchance de voyager avec lui. Certains pourraient dire que c’était son manque de respect continu et intolérable qui causa le naufrage du Tonquin.

« Tout était la faute du capitaine Thorn. N’eut été de l’arrogance de Thorn, tout se serait bien passé », dit Lamazee. Aussi connu sous le nom de George Ramsay, Lamazee était le fils mi-Chinook d’un marin britannique, un pilote à bord du Tonquin et survivant des évènements qu’on s’apprête à raconter ici.

Le Tonquin voyagea jusqu’à Clayoquot Sound et jeta l’ancre à un endroit dans la région Nootka que les sources du Shipwreck News n’ont pas encore déterminée. Quelques-uns des autochtones de la côte, possiblement d’un village Nuu-chah-nulth local, mais qui étaient, selon certains, des visiteurs du territoire Kwakwaka’wakw plus au nord, se sont rendus en canot pour les rencontrer. Thorn entreprit de marchander le prix des peaux de loutre de mer, mais les hommes ne purent s’entendre sur leur échange.

Ce qui arriva par la suite fut un grave déshonneur. Lamazee rapporta au fort à Astoria que le capitaine Thorn força un marchand, un chef principal, à quitter le navire. Thorn lui lança un ballot de fourrures. Les peaux de loutre atteignirent le chef en plein visage! Le comportement inconvenant du capitaine ne pouvait pas passer sans impunité et le peuple du chef retourna vers le Tonquin pour se venger en prétendant être des marchands. L’attaque se déroula sur le pont du navire et l’équipage fut écrasé.

Plusieurs morts, tragédie enflammée
Mais on n’avait pas encore compté les morts. Quelqu’un se démenait encore à bord du Tonquin avec un plan en tête. Il appela son village à la première lueur et un grand nombre d’hommes retournèrent à leurs canots. Une allumette fut allumée. Le sifflement et le crépitement des flammes devinrent une explosion. Le magasin du navire contenant quatre tonnes et demie de poudre à canon fut allumé. Un matin de juin 1811, il disparut.

Lamazee décrit la tragédie. « Le navire brûlait de la proue à la poupe. La baie était couverte de débris et de cadavres. Ceux qui avaient réussi à trouver un canot, et de ce fait s’évader, se sauvèrent des lieux. Le navire brûla rapidement jusqu’à la ligne de flottaison et parut couler. Le lendemain, il avait disparu. » Deux cents villageois et les vingt-trois membres de l’équipage du Tonquin furent portés disparus dans le violent naufrage.

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