
Date de parution : 30 novembre 1915
Le dernier des grands voiliers s’abîme
:
la vaillante tentative de sauvetage annulée par la puissante mer
Une autre
victime dans le cimetière du Pacifique!
Une autre victime dans le cimetière du Pacifique!
Le 25 novembre 1925, des vagues sans pitié ont frappé
le Carelmapu. Le trois-mâts
s’est débattu noblement jusqu′à
ce qu’il se brise sur Gowland Rock à Schooner
Cove, sur la côte Ouest de l’île de Vancouver.
Le capitaine Fernando Desolmes avait dirigé le navire en lest depuis Valparaiso, au Chili, jusqu’au détroit Juan de Fuca. On était incertain de la position du navire lorsqu’il s’est approché de la côte de l’île de Vancouver dans l’obscurité et la pluie. La vigie de proue avait crié que la terre était proche. Le Carelmapu était près de la côte. Il avait dérivé de plus en plus près des brisants à mesure que le mauvais temps approchait.
Le capitaine Desolmes agit
Le capitaine pensa rapidement. Les seuls outils à sa disposition étaient les voiles, qui flottaient inutilisables au bout des vergues après avoir été déchirées en miettes par les vents violents. Mais attendez! Ils restaient encore les ancres. L’ordre fut donné et les deux ancres furent jetées, s’agrippant au fond de l’océan. Elles forcèrent contre la furie de l’océan pour éloigner le navire des récifs près de la rive.
Le Princess Maquinna arrive pour une tentative de sauvetage
Les vingt-quatre âmes à bord du Carelmapu ont hissé les pavillons de secours et ont envoyé des fusées, espérant contre tout espoir des secours. Les vents fouettaient les gréements et le navire s’approcha de la rive. La tempête ne pouvait que signifier sa fin. Est-ce que tout espoir était perdu? Mais qu’est ce qui s’approchait à l’horizon? C’était le Princess Maquinna, dirigé par Edward Gillam.
Deux cents verges étaient tout ce qui séparaient le Maquinna, un vapeur du Canadien Pacifique, et le Carelmapu pendant que les braves marins se rapprochaient des secours, risquant leurs vies et celle des passagers. Le capitaine Gillam lança un câble vers le navire en détresse et son équipage. Il manqua son coup. De nouveau, les secouristes tirèrent une grosse aussière, qui pourrait signifier la survie, vers le Carelmapu, mais ce plan n’était pas dans les cartes. Gillam cria à Desolmes « Larguez un bateau et nous serons prêts à le prendre ».
Périlleuse évacuation ratée
Deux canots de sauvetage étaient suspendus au davier sur la poupe. Le capitaine et son équipage s’approchèrent. Le premier groupe d’hommes embarqua et se balança, suspendu au-dessus des vagues. Le marin actionnant les câbles perdit sa prise. Soudainement, ceux à bord dégringolèrent, pour être engouffrés par les vagues voraces. Un autre bateau lutta pour partir, et se dirigea vers le Maquinna. Leur périlleuse évacuation échoua. Les vagues s’approchèrent du bateau, coupant la vie avec un hurlement marin.
Le Carelmapu se battit dans l’implacable mer contre un vent violent du sud-est, puis disparut au-dessus d’un récif. Il n’y avait aucun signe de vie parmi les débris et le Princess Maquinna chercha abri. Le télégraphe du gouvernement relaya le message de désespoir à partir d’un poste de radio de la côte : « Il a coulé. »
Les survivants gagnent la plage et trouvent le chien du capitaine
La tempête tua tout l’équipage, jusqu’au dernier homme. Mais pas tout à fait. Le capitaine Desolmes, encore attaché au Carelmapu alors que ses hommes tentaient de se sauver, coupa les liens qui l’empêchèrent d’être emporté par-dessus bord. Pensant que son heure approchait, il se débattit pendant que les vagues s’amusaient avec son corps froid et fatigué, l’amenant parfois au fond, l’emportant brusquement dans les eaux. Complètement épuisé, il gagna finalement la rive où, miraculeusement, il découvrit d’autres survivants. Le fils du propriétaire du bateau et deux marins. Comme ils se réchauffaient auprès d’un feu, un autre membre de l’équipage tituba vers eux. Même le chien du navire se rendit sur la rive. Ils avaient retrouvé leurs vies que la mer tentait de leur arracher.
Le naufrage du Carelmapu signifia la fin des grands voiliers propulsés par le vent. Mais, quel naufrage ce fut.
>> le
Ericsson