
Date de parution : 30 avril 1943
Le vapeur russe s’échoue
sur l’île de Vancouver pendant le black-out
de guerre :
l’équipage est secouru
par la Marine royale canadienne
Uzbekistan
: pleine vapeur sur un récif de la côte
Le vaisseau russe Uzbekistan
a foncé sur la rive de l’île de Vancouver!
Nos sources, qui nous ont donné cette exclusivité,
ont rapporté qu’après avoir changé
de cap par erreur tard le soir du 1er avril 1943, le bateau
de marchandises s’est échoué à
Darling Creek, à seulement quatre kilomètres
au sud du phare de Pachena Point.
Les navigateurs
imperturbables
C’était un vrai choc pour le capitaine et l’équipage
lorsqu’ils ont entendu le grincement d’un récif
sous la coque au lieu de l’océan. À
la lueur du petit matin, les cinquante hommes et femmes
à bord se sont rendus sur la rive dans les eaux de
la marée basse. Cependant, ces navigateurs sont demeurés
imperturbables après leur expérience. Leur
importante mission consistait à transporter de l’équipement
pour l’effort de la Seconde Guerre mondiale à
partir de la côte Ouest de l’Amérique
du Nord jusqu’à Vladivostok, en Russie. Le
vaisseau de 2 569 tonnes, construit en 1937 à Saint-Nazaire
en France, sillonnait la mer entre Portland, en Oregon,
et Seattle, dans l’État de Washington, lorsqu’il
s’est éloigné de son cap et a connu
son sort.
Des sources
secrètes disent qu’on ne peut blâmer
le temps
Les vents violents auraient-ils pu pousser l’Uzbekistan
sur les rochers ? Y avait-il d’autres forces en jeu
? Bien que le vaisseau naviguait bien au-delà de
son cap, nos sources secrètes indiquent qu’on
ne peut blâmer le temps. « Nous étions
sous l’effet d’un black-out ici sur la côte
Ouest et cela inclut les phares », a dit un informateur.
« Depuis que ce sous-marin japonais a fait surface
au large d’Estevan Point et que des obus ont été
trouvés sur la plage, nous avons agi avec prudence
et pris des mesures pour protéger la côte.
Ce bateau de marchandises n’avait aucune chance sans
l’aide de ces phares le long de la côte. »
Le petit
annexe Estevan premier sur les lieux
Les membres de l’équipage du navire russe n’étaient
pas les seuls à faire face au danger mortel. On a
appris, ici au Shipwreck
Times, que l’Estevan était le premier
sur les lieux de l’accident. La petite annexe du phare,
ayant entendu les puissants canons de détresse et
voyant que l’Uzbekistan était équipé
à fond d’armes pour son voyage de guerre, a
dirigé la mission de secours à la Marine royale
canadienne.
La Marine
s’amène pour secourir l’équipage
Par mesure de sécurité nationale, les détails
du naufrage de l’Uzbekistan
n’avaient pas été rendus publics, jusqu’à
maintenant. Les braves forces navales ont envoyé
un dragueur de mines sur les lieux, et l’Armée
canadienne était sur place pour surveiller le vaisseau.
La Marine canadienne a fait embarquer les survivants du
naufrage à Bamfield, après une dure randonnée
le long du sentier de secours de la côte.
Le capitaine P. Ovchinnikoff avait
peu à dire sur l’accident, mais nous savons
que plusieurs documents ont été récupérés
dans le navire, y compris un calendrier et des diagrammes
inhabituels, ainsi que de la coutellerie du navire.
Les navires de sauvetage et de renflouage
attendaient impuissants pendant que les eaux peu profondes
de Darling Creek forçaient le cargo sur les rochers
où l’océan l’a vaincu. L’Uzbekistan
a pris l’eau et un violent orage s’est amené
pour le renverser.
Le navire
coule dans la tempête; les pilleurs ramassent les
restes
Un pilleur, qui a demandé de garder l’anonymat,
a dit : « Ces eaux étaient des mauvaises nouvelles
pour le capitaine de ce bateau, mais de bonnes pour moi!
Dès qu’il a commencé à se briser,
je savais qu’il n’y avait aucun espoir de sauver
le navire au complet, mais il y avait beaucoup de petites
pièces pour moi. On peut encore voir ses chaudières
et des parties de moteur coincées sur la plage à
la marée basse. On ne peut rien remorquer pour la
revente, mais ça ferait un bon souvenir de la nuit
où il s’est échoué. »
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